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AS400 (IBM i) : le garder, le moderniser ou le remplacer

AS400 (IBM i) : faut-il le garder, le moderniser ou le remplacer ? Fin du support d'IBM i 7.4, coût de l'extension, surcouche, risques d'une migration : la décision pour une PMI.

Jonathan Foureur12 min de lecture
AS400 (IBM i) : le garder, le moderniser ou le remplacer

Ce qu'il faut retenir

  • L'AS400 n'est pas une plateforme abandonnée. Lancé par IBM en 1988, il s'appelle aujourd'hui IBM i et tourne sur les serveurs IBM Power. La dernière version, IBM i 7.6, est sortie le 18 avril 2025, et IBM projette son support jusque vers 2035.
  • IBM i 7.4 est sorti du support standard le 30 septembre 2026. Pour y rester avec le support d'IBM, il faut une extension payante, possible jusqu'au 30 septembre 2029 et facturée en plus de la maintenance de base : 1,5 fois le prix de celle-ci la première année, 2 fois la deuxième, 2,5 fois la troisième. Sur un serveur Power8, la 7.4 est la dernière version possible.
  • Le vrai risque est humain. Dans l'enquête Fortra 2026 auprès des utilisateurs d'IBM i, les compétences passent en tête des préoccupations (69 % des répondants), devant la cybersécurité, et 73 % font tourner des applications développées en interne.
  • Trois options, trois niveaux de risque : garder et mettre à jour ; moderniser par une surcouche (données lues en SQL, traitements exposés en API, nouvelles interfaces) sans toucher au cœur ; remplacer, par une réécriture ou un progiciel. La troisième est la plus longue et la plus risquée.
  • Notre position : garder le cœur qui fonctionne, documenter son code avec l'IA tant que ceux qui le connaissent sont là, et construire autour les applications qui manquent. C'est aussi la première étape d'un remplacement, si vous le décidez plus tard.

AS400, iSeries, IBM i : de quoi parle-t-on ?

L'AS400 (Application System/400) est une gamme de serveurs annoncée par IBM le 21 juin 1988 et disponible le 26 août 1988. Elle succédait aux System/36 et System/38, et son système d'exploitation, OS/400, faisait tourner la plupart de leurs applications sans réécriture. Le nom est resté, mais le produit a changé : le système s'appelle aujourd'hui IBM i, il tourne sur les serveurs IBM Power, et on le désigne encore, selon l'époque de l'achat, sous les noms d'iSeries ou de System i.

Trois traits expliquent sa longévité dans les PMI.

  • Une base de données intégrée, Db2 for i, qui fait partie du système d'exploitation.
  • Une couche d'abstraction entre les programmes et le processeur. Un programme compilé sur IBM i vise un jeu d'instructions intermédiaire, pas une puce : des applications écrites il y a des décennies en RPG ou en COBOL tournent encore sur un serveur récent.
  • Peu d'administration au quotidien, ce qui a permis à des PME de faire tourner leur gestion commerciale et leur production sur une seule machine, avec une petite équipe.

IBM indique qu'environ 70 % de ses comptes clients IBM i sont des petites et moyennes entreprises, et que l'Amérique du Nord, l'Europe de l'Ouest et le Japon réalisent plus de 80 % de ses ventes IBM i chaque année.

Émulateur AS400 : ce qu'est le « green screen »

L'écran noir à caractères verts est une session 5250. IBM fournit pour s'y connecter IBM i Access Client Solutions, un client Java qui tourne sous Windows, macOS et Linux. Depuis sa version 1.1.9.1, l'émulation 5250 et le transfert de données ne demandent plus de licence IBM i Access Family ; le téléchargement de la version courante est réservé aux clients qui ont un contrat de maintenance logicielle IBM i.

La suite de cet article traite d'une autre question, celle que se pose la direction : que faire de cette machine ?

Pourquoi la question se pose maintenant : la fin du support d'IBM i 7.4

IBM publie le cycle de vie de chaque version d'IBM i. Au 16 octobre 2026, il se présente ainsi.

Version Disponible depuis Fin du support standard Extension payante
IBM i 7.6 18/04/2025 non annoncée —
IBM i 7.5 10/05/2022 non annoncée —
IBM i 7.4 21/06/2019 30/09/2026 du 01/10/2026 au 30/09/2029
IBM i 7.3 15/04/2016 30/09/2023 jusqu'au 30/09/2028

IBM ne vend plus la 7.4 depuis le 30 avril 2026. Pour les versions encore sous support standard, il s'engage à annoncer la fin de ce support au moins douze mois à l'avance. Sa stratégie, décrite dans son livre blanc sur IBM i, est d'environ sept ans de support de base après la sortie d'une version, puis d'environ trois ans d'extension : IBM en déduit lui-même que la 7.6 restera couverte jusque vers 2035.

Combien coûte l'extension de support d'IBM i 7.4 ?

L'extension (« Service Extension ») couvre, pour IBM i 7.4, les nouveaux défauts, les défauts connus et l'assistance à l'usage, avec des exceptions produit par produit. Elle s'ajoute à la maintenance logicielle de base (SWMA), qui reste due. IBM en donne la règle de prix :

  • 1re année : 1,5 fois le prix de la maintenance de base, soit 2,5 fois au total ;
  • 2e année : 2 fois, soit 3 fois au total ;
  • 3e année : 2,5 fois, soit 3,5 fois au total.

IBM ne publie pas les montants, qui passent par votre représentant ou votre partenaire. L'extension achète du temps ; elle ne fait pas avancer le système.

Le serveur décide souvent pour vous

La version d'IBM i que vous pouvez installer dépend de la génération du processeur.

Serveur Dernière version d'IBM i possible
Power8 IBM i 7.4
Power9 IBM i 7.5
Power10 (micrologiciel FW1060 au minimum) et Power11 IBM i 7.6

Une entreprise sur Power8 et IBM i 7.4 ne peut donc plus revenir au support standard sans changer de serveur. IBM vend désormais IBM i sous forme de licence à durée déterminée, par abonnement, ce qui remplace l'investissement initial par des paiements réguliers.

Le vrai risque de l'AS400 : les compétences et le code non documenté

Fortra, éditeur de logiciels pour IBM i, interroge chaque année les utilisateurs de la plateforme. L'édition 2026, la douzième, réunit 320 répondants, dont 55 % aux États-Unis et 23 % en Europe ; l'industrie manufacturière est le premier secteur représenté (17 %).

Enquête Fortra 2026 Part des répondants
Compétences IBM i parmi leurs cinq premières préoccupations 69 %
Cybersécurité 64 %
Modernisation des applications 62 %
IA et apprentissage automatique (30 % en 2025) 42 %
Font tourner des applications développées en interne 73 %
Ont moins de trois administrateurs IBM i 66 %

Pour la première fois depuis 2017, la cybersécurité n'est plus la première préoccupation : les compétences IBM i la dépassent. Sur IBM i, le savoir menacé a une forme précise : le programme RPG qui calcule les prix ou lance les ordres de fabrication fonctionne depuis vingt ans, et une ou deux personnes, souvent proches de la retraite, savent pourquoi il traite à part tel client ou tel article.

C'est là que se joue la décision. Un serveur se remplace selon une procédure connue ; des règles de gestion accumulées dans le code pendant des décennies, non.

Garder, moderniser ou remplacer l'AS400 : les trois options

Option 1 : garder l'AS400 et le mettre à jour

C'est la bonne option quand l'application fait son travail, que l'équipe qui la maintient est en place et que le seul problème est le calendrier d'IBM. Le travail consiste à passer à IBM i 7.5 ou 7.6, en changeant de serveur si nécessaire.

Une variante consiste à ne plus héberger la machine. IBM propose IBM i dans son offre Power Virtual Server, dont les régions européennes sont Francfort, Londres et Madrid ; des hébergeurs spécialisés le font aussi. IBM étant une entreprise américaine, la localisation européenne ne règle pas à elle seule la question du Cloud Act.

Ce que cette option ne règle pas : la dépendance à quelques personnes, et les besoins nouveaux (portail client, saisie à l'atelier, exploitation des données par l'IA) que les écrans 5250 ne couvrent pas.

Option 2 : moderniser l'AS400 par une surcouche

La surcouche garde le cœur, c'est-à-dire la base Db2 for i et les programmes qui calculent, facturent et lancent la production, et construit autour. C'est l'option que nous recommandons dans la plupart des cas, et celle que nous réalisons. Elle s'appuie sur des briques qu'IBM fournit déjà.

  • Lire les données en SQL. Db2 for i est une base relationnelle. Les paquets d'IBM i Access Client Solutions fournissent des pilotes ODBC pour Windows, Linux et macOS : une application ou un outil d'analyse peut lire les commandes, les stocks ou les nomenclatures sans modifier un seul programme.
  • Exposer les traitements en API. Le serveur de services web intégré d'IBM i (Integrated Web Services) fait partie du système d'exploitation, sans coût initial. Il publie un programme ILE existant comme service web REST ou SOAP : une application externe crée alors une commande en passant par les contrôles du programme RPG, au lieu d'écrire directement dans les tables.
  • Ajouter des interfaces là où elles manquent. Une application web pour les commerciaux, une saisie sur tablette à l'atelier, un portail où vos clients suivent leurs commandes : chacune remplace les écrans 5250 pour un usage précis, pas l'ensemble du système. Voir ce qu'est une application métier, exemples à l'appui.
  • Documenter le code avec l'IA. IBM a mis en disponibilité générale le 9 juillet 2026 l'IBM Bob Premium Package for i, qui se connecte directement à IBM i pour expliquer des programmes RPG et COBOL, convertir le RPG en format fixe vers le format libre, découper des applications monolithiques en modules, produire de la documentation et des tests unitaires. IBM cite un client, le distributeur M.R. Williams, pour qui l'analyse d'un état a pris 20 minutes, contre six heures à un développeur expérimenté la veille. Un agent de code généraliste peut aussi lire des sources placées dans un dépôt Git ; l'extension open source Code for IBM i permet de travailler le RPG depuis Visual Studio Code. Dans tous les cas, une personne qui connaît le métier relit ce que l'IA affirme.

Exemple illustratif (hypothétique, ce n'est pas un cas client) : une PMI de mécanique de précision gère ses commandes et ses gammes sur IBM i. Les chargés d'affaires chiffrent dans un tableur alimenté par des extractions. Une application de chiffrage lit les coûts et les nomenclatures dans Db2 for i, applique les règles de prix une fois documentées, puis crée l'offre dans IBM i par un service web. L'AS400 reste la référence ; le tableur disparaît, comme lorsqu'on sort d'un fichier Excel devenu critique.

Trois conditions de réussite : un compte technique par application, avec les seules autorisations IBM i nécessaires ; aucune écriture dans les tables qui contourne la logique des programmes ; une liste tenue à jour des interfaces ouvertes.

Option 3 : remplacer l'AS400

Remplacer, c'est réécrire les applications sur une autre plateforme ou passer à un progiciel. Cela se justifie dans des cas précis : votre éditeur abandonne sa version IBM i, l'essentiel des usages est déjà sorti de la machine, ou plus personne ne peut faire évoluer ni expliquer le code.

Les chiffres de Fortra montrent l'écart entre l'intention et l'action. 24 % des répondants prévoient de déplacer une partie ou la totalité de leurs applications vers un autre système (18 % en 2025), mais 12 % seulement la totalité ; parmi ces derniers, 64 % ne prévoient pas de le faire dans les deux ans. Environ 4 % de l'ensemble envisagent donc une sortie complète à deux ans. Fortra vend des outils pour IBM i et a intérêt à ce constat ; il décrit pourtant une difficulté réelle. Une migration se heurte aux règles de gestion cachées dans le code, à la reprise des données et à la bascule d'une production qui ne peut pas s'arrêter.

Notre métier n'est pas de remplacer un ERP, mais de construire autour. Si vous décidez de le remplacer, faites-le module par module : la surcouche en est la première étape, parce qu'elle oblige à documenter les règles et à isoler les données. Nous détaillons ces approches dans l'article sur la refonte d'un logiciel métier, et le partage entre progiciel et sur-mesure dans ERP sur mesure ou ERP français pour une PME.

Migration AS400 ou modernisation : comment choisir ?

Votre situation Option la plus adaptée
Application stable, équipe en place, serveur Power8 sous IBM i 7.4 Garder : passer à un serveur récent et à IBM i 7.5 ou 7.6
Application stable, mais besoins nouveaux (web, mobile, portail, IA) Moderniser par une surcouche
Un ou deux développeurs RPG proches de la retraite Documenter le code maintenant, puis une surcouche pour les besoins nouveaux
Progiciel dont l'éditeur abandonne la version IBM i Remplacement piloté avec l'éditeur, surcouche pour la transition
Données de production à exploiter avec l'IA Les lire en SQL : la migration n'est pas un préalable

Cinq questions à trancher avant de choisir :

  1. Quelle version d'IBM i et quel serveur Power avez-vous, et quand finit votre maintenance ?
  2. Quelles applications sont développées en interne, lesquelles viennent d'un éditeur ?
  3. Qui connaît le code, et combien de temps restera-t-il dans l'entreprise ?
  4. Quels besoins les écrans actuels ne couvrent-ils pas ?
  5. Qu'est-ce qui coûterait le plus cher : un arrêt de production pendant une bascule, ou trois ans d'extension de support ?

Combien coûte la modernisation d'un AS400 ?

Côté IBM, seule la règle de prix de l'extension est publique ; pour les montants, IBM renvoie vers son représentant ou un partenaire. Demandez un chiffrage séparé de l'abonnement IBM i, de la maintenance et de l'extension.

Côté surcouche, le coût est celui d'une application métier. Avec notre méthode AI-First Delivery, une application est en production en 4 semaines, à partir de 20 000 € HT ; le prix dépend surtout des intégrations à votre système d'information, ici IBM i, du nombre d'utilisateurs et des exigences de sécurité. Vient ensuite, au choix, un forfait de consolidation de 20 000 à 40 000 € HT ou un abonnement sur 2 à 3 ans. Le code source vous appartient. Pour comparaison, nous situons un projet sur mesure mené de façon classique entre 80 000 et 150 000 €, pour six mois de délai.

Une réécriture complète relève d'un autre ordre de grandeur. Dans notre article sur le prix d'un logiciel sur mesure, le remplacement d'un système central dépasse 400 jours de travail dans nos hypothèses, avant la reprise des données et la double exploitation pendant la bascule.

Quel impact concret pour une PMI ou une ETI industrielle ?

Pour un dirigeant ou un DSI, la démarche tient en cinq étapes.

  1. Faire l'inventaire : version d'IBM i, modèle de serveur, date de fin de maintenance, applications internes et progiciels, personnes qui les connaissent.
  2. Caler la décision sur le calendrier d'IBM, qui annonce les fins de support au moins douze mois à l'avance. Une extension se budgète ; elle ne doit pas devenir l'état normal.
  3. Documenter le code pendant que ses auteurs sont là. L'IA accélère la lecture d'un programme ; l'entretien avec celui qui l'a écrit reste nécessaire pour comprendre pourquoi telle exception existe. Le résultat peut alimenter une base de connaissances interrogeable.
  4. Ouvrir les données de façon contrôlée : lecture SQL et services web, comptes techniques dédiés, journalisation des accès.
  5. Construire la première application autour, celle qui fait perdre le plus de temps aujourd'hui : c'est l'objet de notre développement de logiciel sur mesure en 4 semaines.

Deux points comptent particulièrement dans l'industrie.

La confidentialité. Faire lire votre code source par un service d'IA en ligne revient à le lui transmettre, avec vos règles de prix et parfois vos procédés. Une IA qui tourne sur des serveurs en France, avec des modèles open-weight, évite cet envoi.

Les compétences. Un développeur RPG qui apprend à cadrer et à relire le travail d'un agent de code étend sa portée au lieu d'être remplacé. C'est l'objet de notre formation Claude Code pour développeurs, en deux jours.

Si vous ne savez pas quel processus traiter en premier, un diagnostic de vos processus et de vos données précède utilement tout devis.

Les limites de cette analyse

  • L'enquête Fortra est déclarative, conduite par un éditeur de l'écosystème IBM i, auprès de répondants majoritairement nord-américains. Elle donne des tendances, pas une mesure du marché français.
  • Les dates futures ne sont pas annoncées. La fin du support de la 7.5 et de la 7.6 reste à venir ; l'horizon 2035 est une projection d'IBM.
  • Les témoignages sur IBM Bob sont publiés par IBM. Le gain réel dépend de l'état du code et de la relecture humaine.
  • La surcouche ajoute un élément à maintenir. Elle ne supprime pas la dépendance au cœur IBM i ; elle la rend visible et la limite aux traitements qui y restent.
  • Avec un progiciel, l'intégration peut être encadrée par le contrat de l'éditeur : vérifiez ce qu'il autorise avant d'appeler ses programmes ou de lire ses tables.

Conclusion : l'AS400 n'est pas le problème, la connaissance l'est

Une application IBM i en service depuis vingt ans n'est pas une dette en soi. IBM continue de faire évoluer la plateforme et publie son calendrier. Ce qui menace une PMI, c'est un code dont plus personne ne sait expliquer les règles, et des besoins que les écrans 5250 ne couvrent pas.

La fin du support standard d'IBM i 7.4, le 30 septembre 2026, est l'occasion de poser la question dans cet ordre : documenter, ouvrir les données, construire autour. Remplacer reste possible ensuite, avec un code compris et des données accessibles.

Lire aussi : Prix d'un logiciel sur mesure en 2026 : fourchettes et exemples


Sources


Savez-vous quelle version d'IBM i tourne chez vous, et jusqu'à quand elle est supportée ? Qui, dans l'entreprise, sait expliquer ce que fait le programme qui calcule vos prix ? Parlons-en : nous vous aidons à choisir le processus à outiller en premier, puis à construire autour de votre AS400 l'application qui vous manque, en production en 4 semaines.

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